Patrick KREIT (août 1949). Luthier français, a exercé son activité à Reims, France, capitale du champagne, cité des sacres et centre de l'Europe historique.
Deux grands prix des métiers d'art (1988-1989). Médaille de la ville de Reims (1990). A contribué à la formation de plusieurs élèves luthiers.
La passion de la lutherie commence par la fabrication d'une guitare à l'âge de 14 ans. Attiré comme beaucoup d'aspirants luthiers par le mythe du secret de Stradivarius, cette motivation s'est orientée vers la fabrication du violon à l'âge de 18 ans, avec la conviction que cet instrument offrait davantage de possibilités pour la recherche.
À partir d'une base de données établie pendant 23 années sur la fabrication des violons, Altos et violoncelles, six années ont été consacrées à des recherches théoriques et aux expérimentations, afin d'étudier les différents traitements du bois et de déterminer les fréquences des volumes de départ du fond et de la table (extrados) en fonction du taux d'humidité du bois, avant de creuser l'intrados.
Pour déterminer avec certitude les meilleures fréquences d'accord du fond et de la table libres, des fréquences des modes B1- et B1+, ainsi que des limites critiques de fréquence à ne pas dépasser, il a été nécessaire de fabriquer 30 violons finis prêts à jouer, ainsi que 26 tables et 30 fonds libres au cours des 12 années d'écriture de ce livre pour réaliser toutes les expérimentations et les vérifications nécessaires afin d’étudier le comportement des matériaux sur plusieurs années jusqu’à la troisième édition finale.
L’utilisation d’un moule en dehors a permis l’interchangeabilité des fonds et des tables accordés à différentes fréquences, afin de vérifier toutes les possibilités de différents deltas entre les modes B1- et B1+.
Ces recherches ont permis d'expliquer le comportement des fonds et des tables libres, après une déshydratation du bois de 12% à 0%, la fréquence du mode 5 s’élève de 42 Hz. Il en est de même pour les modes B1- et B1+. Ceci est le véritable problème pour accorder correctement les matériaux en blanc, pendant toutes les étapes de la fabrication d’un violon à cela il faut ajouter, la rétraction du bois après une déshydratation naturelle à 0% du bois, et la déformation du fond élevant la fréquence du mode B1+ et abaissant la fréquence du mode B1- jusqu’à la stabilité définitive des matériaux. C’est la raison principale pour laquelle, il est nécessaire de chauffer les bois jusqu’à la température de 210 °C avant de les utiliser, garantissant ainsi une stabilité parfaite de matériaux en blanc ou vernis ainsi qu’une sonorité du violon toujours égale, quel que soit le taux d’humidité de l’air ambiant.
La méthode pour accorder un fond et une table de violon à la fréquence souhaitée est à la portée de tout luthier qui s’en donne les moyens techniques. Un générateur de fréquences ou un logiciel générateur de fréquences, un logiciel de traitement du son, tel que Audacity (simple d’utilisation), ainsi qu’un testeur d’humidité sont des outils d’utilisation courante, sans lesquels la lutherie moderne n’aurait jamais pu faire autant de progrès.
Cette troisième édition est l'aboutissement de 48 années de recherches sur l'acoustique du violon, de l'alto, du violoncelle et des vernis. Elle donne toutes les explications nécessaires sur le comportement des matériaux selon leurs caractéristiques et leur taux d'humidité, ainsi qu'une méthode pour accorder les fonds et les tables à la fréquence souhaitée en optimisant le poids et les épaisseurs des matériaux.
À titre d’information, vous trouverez dans le livre, quelques recettes de vernis, sachant que chaque luthier a sa recette. Si elle fonctionne sans modifier de façon anormale la fréquence des modes B1- et B1+, il n’a aucune raison de changer de recette.
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